Je suis innocent de Pierre-François Kettler, Talents Hauts éditions, 2020

Je suis innocent

"Je suis innocent" est le récit du génocide rwandais de 1994, narré par un jeune garçon de sept ans. C'est le récit, dur et émouvant, de son innocence brisée du jour au lendemain par la folie humaine. La famille de Jean est décimée, il voit tout et finit inexorablement par comprendre : les meurtres, les viols, la torture, l'esclavage, la mort. Tour à tour témoin et victime, il ne cesse pourtant de lutter car "il faut que tu vives", cette dernière phrase prononcée par sa mère avant de le cacher, résonne dans sa tête comme un crédo prémonitoire. Durant ces semaines qui semblent être éternelles, la vie de Jean sera remplie d'épreuves et d'atrocités mais elle dépendra au final de certaines rencontres, belles malgré les circonstances. On pense à Esperance qui porte si bien son nom ou encore à celle qui sera pour lui comme une deuxième maman et ceci, de manière évidente. A ces rencontres avec des Hutus, qui démontre que la barbarie ne dépend pas d'une origine mais est bien plus complexe que cela. 

Ce roman est bouleversant. Tellement violent, également. Difficilement soutenable mais tragiquement beau grâce à cette âme d'enfant immiscée dans l'horreur. Grâce à l'imagination, aussi, qui permet de partir, loin, très loin et de communiquer avec les êtres chers perdus. L'auteur ne nous ménage pas mais il ne faudrait pas. Il faudrait dire plus encore, même si Pierre-François Kettler laisse dans le récit, des éléments  de réflexion politique sur l'avant, le pendant et l'après. On referme le livre, triste et en colère mais avec l'envie d'en savoir davantage. Pour toutes ces raisons, la lecture de ce roman paraît essentielle et même indispensable.

Julianne

 
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